mercredi 4 mars 2009

le lundi 2 mars

LUNES, el 2 de marzo 2009

Ce matin, l’énergie est lente à revenir. La chaleur de la fin de semaine a tellement été bénéfique pour nos corps que ce matin pluvieux et froid attaque de plein front notre moral. Nous aimerions demeurer au lit et faire du cocooning. Après avoir emprunté du temps sur notre temps de travail, nous comprenons qu’il est préférable de poursuivre nos efforts et de terminer le plus rapidement possible les actions débutées à l’orphelinat.

À notre arrivée au travail, les autres coopérants continuent déjà notre projet. Spatules en main, ils appliquent le plâtre sur le mur extérieur. Quelle équipe! Il y a une petite nouvelle aujourd’hui, Louisa, car les programmes de IVHQ débutent les 1ers et 15e jours du mois. Elle loge chez notre coordonnatrice, Cécilia. De plus, Louisa poursuit depuis plusieurs mois son volontariat soit auparavant en Australie, puis en Équateur. Elle vient de l’Angleterre et n’a que 18 ans. Nous sommes étonnées que ces jeunes aient comme valeur, le travail humanitaire.

La pluie augmente et nous empêche de poursuivre à l’extérieur. En même temps, nous remarquons que des perforations de la tôle au niveau de la toiture provoquent des infiltrations d’eau qui boursouflent la peinture. Quelle déception! Que fait-on? On répare. Je quitte pour acheter du silicone au magasin avec Clara.

Aujourd’hui, c’est la rentrée scolaire pour le primaire au Pérou. À côté du magasin se trouve une école, je profite de la présence de Clara (elle parle anglais et se débrouille très bien en espagnol) pour rencontrer la direction et échanger sur nos écoles respectives. 100 enfants de 5 à 12 ans fréquentent cette école en comparaison à plus de 400 cents à Hébert. La direction est enthousiaste de cette visite. Un échange d’adresse courriel ainsi que l’autorisation de prendre des photos concluent cette visite.

Au retour, on ne peut pas appliquer le silicone. La pluie tombe abondamment et empêchera le silicone d’adhérer. Quelle poisse! Nous pensons qu’il est mieux de rentrer. Par contre, on sollicite notre présence au lunch. D’après les coutumes d’ici, il est très impoli de refuser une invitation. Pas question de les insulter, alors, on reste. Le dîner est riche en échange, il est même réconfortant. La famille de Victor porte intérêt à notre langue et vice versa. Les enfants étudient l’anglais à l’école dès le primaire à raison de deux heures par semaine. Ils n’ont pas la chance d’apprendre le français. Ils en profitent. De plus, au niveau nutritif, le dîner à l’orphelinat nous permet un meilleur apport alimentaire. En exemple, ce midi, nous avons des lentilles accompagnées de légumes et de riz. Vraiment, cela nous fait du bien.

De retour à la casa, la déprime revient : l’humidité et le froid nous pénètrent et nous figent. Comment être fonctionnelles dans de telles conditions?

la Féria

DOMINGO, EL PRIMERO DE MARZO 2009

Bien sûr…la Féria! Maintenant que nous connaissons ce célèbre marché, difficile de s’en passer. Ce marché s’inscrit dans la continuation des marchés indiens qui avaient lieu dans la région.

Au pas de marche, nous nous dirigeons vers le centre ville puis nous entendons crier «Louisa». À notre grande surprise, le couple français nous appelle d’un taxi et nous prie d’y monter car il se dirige au même endroit. Juan Emmanuel nous guide bien. Il connaît ce marché et nous mentionne qu’il est coutume de négocier. Je suis surprise et explique que ces gens ne sont pas riches et que je ne peux marchander, De plus, j’imagine que mes origines familiales me rendent le tout difficile ( mes parents étaient dans le commerce). Juan m’assure qu’il faut négocier et gagner au moins un sole. Louise est épatante dans l’art de négocier. Chapeau!

L’almuerzo… Juan nous fait connaître un resto où nous pouvons nous alimenter sans crainte. Il nous explique le menu sans difficulté. J’ai choisi le «ceviche» :plat préparé avec un poisson à chair blanche, le loup de mer, coupé en morceaux et mariné dans du citron vert, des oignons crus et des piments forts, le tout accompagné des épis de mais, de pommes de terre, de patates douces et de salade. Que c’est bon!

Juan nous indique le marché pour que nous puissions nous approvisionner en fruits et légumes frais. Nous pourrions y déguster de succulents jus de fruits faits devant nous. Par contre, je n’ai nullement envie d’acheter des viandes. On dirait une boucherie à ciel ouvert donc…sans réfrigérateur…danger! Même si nous sommes logées et nourries, nous achetons plusieurs aliments que notre hôte ne nous offre pas comme lait, yogourt, fromage, fruits (oranges, pomme grenade) et légumes (avocats, tomates, oignons, salade) . Nous salivons déjà à l’idée du prochain repas mais attention …il ne faut pas frustrer notre hôtesse. Il m’arrive de la surnommer Madame Bec Sec (cela dévoile mon âge si vous ne la connaissez pas).

Une autre belle journée chaude et ensoleillée pour faire suite à notre climat tropical d’hier!

lundi 2 mars 2009

Le samedi 28 février 2009

Le samedi 28 février 2009
On se lève à 5hre du matin. Comme l’a dit Danielle, c’est tôt pour une journée de congé. Hop à 5h45 dans un taxi vers le centro. Clara nous rejoint quelques minutes plus tard. Nous rencontrons les guides et nous embarquons dans un minibus avec d’autres personnes. Quelle ne fut pas notre surprise, les gens juste devant nous parlent français. Juan-Emmanuel vient du Pérou et sa compagne, Nadine vient de France. De belles discussions en perspective.
Premier arrêt à la cathédrale Santa-Ana-Tarma, nous visitons l’église qui fut construite il y a 50 ans. La religion catholique est omniprésente au Pérou. Deuxième arrêt vers 9hre à la Iglésia Matriz-La Merced. Puis c’est le déjeuner, on s’assoit avec le couple qui parle français. Nous grignotons petits pains avec de la marmelade, fromage et enfin un vrai bon café. Nous allons aussi visiter le Sanctuaire de Sr de Muruhuay. La légende mentionne qu’un espagnol après la conquistador fut tellement harcelé par les villageois, qu’il dessina le christ dans la pierre avec son épée. Les gens vont le prier et lui demander des faveurs comme nous le faisons avec le Frère André à l’Oratoire St-Joseph. Je suis même étonnée de ne pas y retrouver de béquilles.
Troisième arrêt, le parc Catarata Tirol. Danielle doit bien avoir pris plus de 100 photos sur le chemin : les paysages sont magnifiques et à chaque seconde, le panorama change. La flore devient de plus en plus dense: nous entrons dans la jungle. Nous voyons de belles fleurs, des plantes indigènes. La superbe musique des oiseaux complète le décor. Quel spectacle! Nous marchons environ 20 minutes en traversant un cours d’eau qui augmente de débit constamment. Puis, nous apercevons une magnifique chute. Elle mesure sûrement plus de 50 mètres de hauteur. Un vacarme l’entoure. N’écoutant que notre goût de l’aventure, nous nous approchons. Une bruine intense nous mouille instantanément. Comme le climat est tropical, il est agréable de se rafraîchir en se baignant près de la chute. Une expérience inoubliable! Ces images resteront gravées à jamais. Quel plaisir!
Quatrième arrêt : après cette merveilleuse aventure dans la jungle, un petit village autochtone. Toute une mascarade. On nous remet des tenues typiques de l’endroit avec colliers et petit maquillage. Le grand chef nous raconte l’histoire de cette région. Mais il parle si vite que nous n’avons rien compris. Ensuite, d’autres personnes du village aussi déguisées viennent nous chercher pour une grande danse. Le tout se termine naturellement par la vente d’objets. On voit un peu l’arnaque dans tout ça, mais on joue le jeu. Nous comprenons par ailleurs que ces gens doivent survivre dans une région aussi éloignée et désertique.
Nous dînons vers 18hre avec le couple qui parle français. Nous partageons une succulente assiette de yucas frits, bananes frites et avocats. Juan-Emmanuel nous explique que les avocats se mangent saupoudrés de sel. C’est délicieux.
Le retour nous semble périlleux. La route est étroite : juste de petits remparts qui nous séparent des précipices. Nous croisons des véhicules et en dépassons même lorsque des tournants à 90 et plus sont annoncés. Tout le monde dort dans l’autobus, sauf Danielle et moi qui veillons au grain. Le chauffeur est fatigué et nous avons hâte de rentrer. Le confort des banquettes laissait à désirer car elles étaient très peu distanciées du siège avant. Nous arrivons enfin au coin de notre rue à minuit. Ouf une grosse journée mais assez mémorable.

Le vendredi 27 février

Le vendredi 27 février
Debout et en forme, nous partons vers l’orphelinat. Les autres ont déjà commencé à peinturer. Une deuxième couche est appliquée partout. Oups! j’ai un coup de chaleur, puis des crampes et des nausées. Je m’assois, je m’adosse au mur. Non, cela ne passe pas. Je dois avoir l’air malade car Mercedes vient me chercher pour que je m’étende sur un lit. Même après avoir bu du jus de citron et dormi un peu, je ne me sens toujours pas bien. Je rentre en taxi à la casa. Je suis super déçue car il y avait des "cuy" pour le dîner. Danielle et les autres ont pu déguster le délicieux repas confectionné par Carmen. Le tout débuté avec un "pisco sour" fait par la mère de Victor.
Danielle poursuit la rédaction, je suis trop…
Des cuys, vous savez de quoi il s’agit? C’est un repas traditionnel dans les Andes : du cochon d’Inde, rôti et accompagné d’une sauce aux cacahuètes. Et oui, c’est délicieux. La peau devient croustillante car elle est frite, la chair est délicieuse, elle ressemble à la cuisse de poulet. Une sauce agrémente le tout : à base de tomates, de cacahuètes et légèrement épicée, un complément parfait à cette viande.
Après le dîner, je termine la pièce. Tout est rangé et nettoyé. Je suis très contente de la nouvelle allure, les couleurs illumineront les journées nuageuses et pluvieuses. La semaine prochaine ou plutôt, lundi matin, on pourra s’attaquer à l’extérieur. Le temps file, il ne reste que 7 jours de travail.
Louise se remet tranquillement de ses mésaventures. Les couleurs lui reviennent. La soirée sera propice au repos. Les projets de samedi ne seront pas annulés : une visite dans la sierra ou la selva centrale : la zone tropicale du Pérou. Dodo de bonne heure car le lever aura lieu à 5 heures… pour une journée de congé!
Danielle et Louise

Le jeudi 26 février

Le jeudi 26 février 2009

De petits ennuis de santé nous agacent : l’intestin manifeste. L’eau, n’étant pas potable, il faut toujours s’assurer de la faire bouillir suffisamment avant de la consommer ou d’utiliser notre filtre à eau en ajoutant des produits contre les bactéries et les virus. Par contre, nous devons nous fier à notre hôte, elle contrôle
grandement sa cuisine. Malgré un congé accordé pour la confection d’un souper, elle tourne autour. Elle réagit à l’ébullition prolongée d’ un contenant d’eau pour la préparation d’un …Kraft Diner. À cette réalité s’ajoute un doute : le lavage des fruits remis pour les collations. Je comprends bien, alors, les turbulences du système digestif. Rien qui nous empêche de travailler, jusqu’ici; on plie en deux, une bonne respiration et le tout passe. Bien sûr, nous prenons nos probiotiques deux fois par jour, probablement un atout dans les circonstances.
Avant d’aller au travail, nous rencontrons Cécilia (coordonnatrice du programme) et Clara afin de planifier la dernière partie de ce voyage. Nous nous rendons au centre de Huancayo, à l’agence de voyage. Après quelques discussions, une entente est conclue :le 11 mars, nous retournerons à Lima puis, par avion, on se rendra à Cuzco, l’ancienne capitale de l’empire inca.
Le travail va bon train. La première couche de peinture des murs du local est terminée. Les couleurs sont belles : crème et "sunset".Tous les volontaires collaborent à notre réalisation : pinceaux, rouleaux s’activent. Il faut d’ailleurs mentionner qu’ici, une "pan" pour rouler la peinture, cela n’existe pas. Plutôt compliqué d’appliquer adéquatement la peinture sur le rouleau puis sur le mur. Par chance que nous avions prévu des contenants pour la préparation du plâtre, ils serviront. Ouf! Ce n’est pas facile d’éviter les coulisses mais …cela sera beaucoup mieux qu’avant.
Pour ma part, je suis affectée à la préparation du plâtre. Il me semble que cela fait plusieurs jours que "he mesclar" je mélange. L’extérieur du bâtiment n’étant pas réparé partout, il ne faut pas s’arrêter. J’arrive à tous les soirs avec une couche blanche qui ressort de la peau et au pourtour des ongles malgré les nombreux lavages de mains. Cet après-midi, Marcello ne collabore aucunement ayant une coupure d’exacto à la main faite en avant-midi. Par contre, il exige " mas rapido". Je termine le travail sans empreinte digital au majeur droit. La peau s’est volatilisée. Elle sera à jamais gravée sur les murs de ce bâtiment au Pérou. Cela me fait déjà moins mal!
Lors de nos échanges avec Maria, elle mentionne qu’elle enseigne aussi. Elle part en montagnes certains matins, recrute les enfants sur le chemin , d’autres doivent marcher plus de 3 heures pour se rendre à l’école. Il y a des classes sans pupitre, d’autres sans tableau et très peu de matériel scolaire. Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école malgré que ce soit obligatoire jusqu’ à 13 ans. Elle se rend aussi en prison car certaines mères détenues sont accompagnées de leurs enfants.
Nous sommes invitées chez les autres coopérants pour le souper. Au menu : pizza de toutes sortes et naturellement "pisco sour". Un des jeunes de l’orphelinat est avec nous, Miguel qui vient d’avoir 18 ans. Il est à l’orphelinat depuis plus de 13 ans. Il nous mentionne qu’il peut y rester encore 1 ou 2 ans. Il ne sort pratiquement jamais à part aller à l’école, sa vie se limite à l’orphelinat. Pas simple de quitter cet endroit après tant de temps.
La conversion, en anglais, est très animée. Nous parlons entre autres de la séparation du Québec avec Ryan qui vient d’Edmonton. Qui aurait pensé qu’un jour moi, Louise, je discuterai de ce sujet en anglais!!!
La soirée se termine vers 22h00 Car Miguel doit entrer, nous partons avec lui.
Danielle et Louise