jeudi 26 février 2009

Lundi, mardi et mercredi

Le lundi 23 février,

Finies les vacances! Avant de se rendre à l’orphelinat, petit arrêt au café Internet. Il faut bien demeurer en contact avec nos amis(es) québécois(es). Ensuite, nous prenons le bus. Il doit bien y en avoir un à toutes les minutes et un taxi au 30 secondes.

À notre arrivée, les gars jouent avec les enfants. Clara vient nous rejoindre et toutes les 3, on se met à l’œuvre. Danielle prépare le plâtre pour Clara, Marcello et moi. Il faut dire qu’ici, le plâtre se retrouve surtout sous forme de poudre donc, il faut le préparer: un peu d’eau, de la poudre à dose très précise. Donc, Go! Danielle Go! Trois à fournir! Marcello travaille à l’intérieur à bloquer les ouvertures du haut des murs. Clara et moi plâtrons à l’extérieur. Les murs intérieurs et extérieurs n’ont jamais été peinturés.

Les autres coopérants terminent leur journée de travail vers 11 hres 30 car ils vont à l’université en après-midi pour aider les étudiants qui ont de la difficulté en anglais. La pluie débute «a la tarde» soit vers 14 heures et elle tombe comme des clous. Au Québec, il semble que ce soit la neige qui tombe. Bel équilibre, n’est-ce pas? Même si nous voulons poursuivre les travaux à l’extérieur, nous ne pouvons plus.

Le directeur de l’orphelinat présente une soumission pour la réparation des machines nécessaires à la préparation du pain. Ce travail est accompli par les plus vieux afin de les outiller et les rendre autonomes en vue d’un départ en société dès la majorité (18 ans). La vente de ces petits pains se fait surtout vers les montagnes derrière Huancayo. Certaines mères qui habitent l’orphelinat partent tôt le matin pour les vendre . Le profit que cela rapporte, permettent de payer les frais du déjeuner pour tout l’établissement. Alors, Danielle juge que cette réparation est importante et accepte d’en couvrir les frais avec l’argent amassé lors de la collecte de fonds auprès des amis(es) et de sa famille. La direction est très enthousiasme.

Au retour du travail, une petite crise d’ennui me surveille. Malgré les contacts fréquents par courriel avec plusieurs du Québec, la présence chaleureuse des êtres aimés nous manque. Mais , au moins, nous n’avons plus froid comme au début. Les achats effectués dimanche (veste en laine d’Alpaga) nous garde plus au chaud lorsque le soleil se cache et que la nuit approche.

Louise et Danielle





MARDI, LE 24 FÉVRIER 2009

Premier matin qu’on se lève à la flotte. Bien oui, il pleut encore. Contrairement à ce que nous vivions comme température depuis le début, la pluie a duré toute la nuit et se poursuit. Beau temps, mauvais temps, le travail doit avancer.

La direction nous offre depuis jeudi dernier le dîner. Carmen, la cuisinière qui rit tout le temps, manifeste une grande curiosité pour notre langue. Elle nous prépare de succulents repas. Bien oui il y a du riz, des patates mais aussi des légumes et du bon poulet. Comme les jeunes à l’orphelinat cultivent de grands champs, l’accès à des légumes est plus facile.

Au dîner, Maria ( la directrice), Victor (son mari et le directeur-adjoint) ainsi que leur fils aîné nous accompagne. Auparavant, nous avons pu leur montrer le site de l’école Hébert et par le truchement de l Internet, notre milieu de vie québécois.
Cela a suscité beaucoup d’échanges pendant cette période de dîner, plus particulièrement, le niveau économique du Pérou en comparaison avec celui du Québec.

J’ai surtout retenu qu’ici, au Pérou, le salaire minimum se situe à 25 soles par journée de travail de 15 heures environ. La directrice nous dévoile son salaire brut de 900 soles par mois. Elle demeure en permanence sur les lieux donc, du 24 heures sur 24, depuis plus d’un an. Plusieurs informations manquent encore au tableau afin de mieux comprendre la misère et la pauvreté du pays. Nous imaginons aussi les coûts de l’électricité et autres frais d’hébergement élevés. À suivre.

Au retour de cette bonne journée de labeur (plâtre et sablage encore), la pluie est toujours présente. Quelques éclaircis ont illuminé temporairement la journée. Nous désirons communiquer avec nos «gangs» du Québec. Le café Internet est fermé. Nous patientons encore et encore. Rien. Une dame âgée s’en vient sous la pluie battante. C’est une vraie péruvienne, de descendance indienne. Elle est si courbée, sa canne la soutient. Cette canne est en bois mais rien au bout ne l’empêche de glisser, nous entendons les «toc-toc-toc» à chaque fois qu’elle frappe le trottoir.. Cette dame semble tellement fragile que je m’adresse à elle et offre mon aide. Elle veut traverser la route. Nous vous avons déjà parlé de la circulation, elle est en danger. Nous la prenons sous les bras et arrêtons le trafic pour l’aider. Elle s’adresse à nous, probablement en quéchoua, un dialecte que l’on retrouve ici. Faute de la comprendre, je demande à des piétons ce que la dame nous dit. Une première personne ne veut pratiquement pas porter attention, banalise et continue sa route sans porter attention. Je questionne une autre dame. Celle-ci écoute et cette fois, nous, nous ne la comprenons pas. Par contre, notre péruvienne tient dans sa main libre un montant d’argent qui couvre environ le coût d’un trajet en autobus et semble acquiescer lorsque nous lui demandons si c’est ce qu’elle veut. Nous arrêtons un autobus et l’aidons à monter. La marche est tellement haute pour elle, nous devons la pousser afin de l’introduire à l’intérieur. Un passager semble tellement content de notre geste qu’il nous crie des « Gracias, gracias» avec un grand sourire. Comme l’expression le dit : «notre journée est faite». Quel plaisir intérieur!

Et ce soir, tout le monde est accouru à mon cri d’ennui. Je me couche fatiguée mais heureuse.
Danielle

MERCREDI, LE 25 FÉVRIER 2009

Ça y est! La pluie a cessé. Up! En bas du lit, le travail n’est pas fini.
Après un bon déjeuner, Louise et moi regardons les objets apportés du Québec et à remettre à nos jeunes orphelins. La semaine dernière, nous avions remis à la direction les brosses à dents ainsi que tous les tubes de dentifrice amassés. Nous ne pouvions s’immiscer dans le quotidien et examiner les brosses que les enfants possédaient. La maîtrise de la langue devient dans ces moments un atout…que nous ne possédons pas.

Dans tout le matériel emporté, nous choisissons les crayons, papier, collants, peinture aux doigts afin de planifier les activités artistiques à venir avec ces nouveaux amis. Un grand sac est rempli et apporté à l’orphelinat. Unr gracieusete de La Caisse Populaire Desjardins et des amis de Danielle.

À notre arrivée, nous nous présentons, comme à tous les jours, au secrétariat afin de placer nos vêtements, nos caméras, nos effets personnels en sécurité. Nous demandons Maria (la directrice). Elle est absente. Nous expliquons à Carmen le but de notre demande. La responsable de la bibliothèque (que nous avions déjà rencontré), Gladys vient à la rescousse et entreprend, croyez-le ou non, le décompte du sac. Le calcul se fait dans les moindres détails : combien de crayons de bois en couleurs, combien de crayons crayola de cire, combien …. et combien de collants. Vous avez bien lu : combien de collants et non de feuilles de collants. Nous sommes estomaquées. Nous lui disons que tout cela est pour les enfants, que nous ne rapportons rien après les activités, rien à faire, le décompte sera complet. Nous apprenons plus tard que tout ce qui est donné à l’orphelinat doit être inscrit et enregistré : demande gouvernementale. Ceci fait parti des différences entre un pays pauvre et un pays plus riche.

lundi 23 février 2009

le week-end

En ce lundi matin, il faut se remettre à l’œuvre : rédiger le rapport de la fin de semaine avant de se rendre à l’orphelinat.
Pour commencer, le lever de samedi fut très, très ,très pénible. Le lavage corporel subi avait sûrement atteint l’intérieur : un ménage de fond en comble, quoi! Ce n’est pas cela un carnaval? On se change les idées. Mais, une bonne journée devait nous attendre, alors, UP! En bas du lit. On s’habille chaudement car une excursion à"la Glacière" est prévue. Sac à dos prêt, souliers séchés (il aura fallu les envoyer à la buanderie en séchage forcé), nous attendons la coordonnatrice. Elle devait confirmer, hier, l’heure de l’activité. Il faut être patient, ici.
Nous décidons d’un commun accord de se rendre au Café Internet, c’est plus facile d’attendre en étant active qu’en regardant les minutes passées sur sa montre. Bagages en mains, nous avisons Gladys que Cécilia pourra nous rejoindre au coin (150 pieds environ de la maison). Elle arrive à 11 heures et nous demande :
Et puis, qu’est-ce qu’on fait?
La Glacière, en cœur.
Mais non! Vos souliers étaient mouillés, vous ne vouliez pas y aller.
Mais la suggestion que tu as faite de les faire sécher à la buanderie était bonne et tu devais nous appeler pour nous signifier s’il y avait annulation.
Bref, nous étions tellement déçues. En même temps, nous avions remarqué que la fatigue, l’essoufflement, l’engourdissement des doigts , des orteils etc.. étaient au programme de la journée. C’était sûrement un geste manqué pour nous protéger. Le sourire revient alors sur nos lèvres et partons en excursion au centre ville.
En parcourant les rues, nous observons la vie des gens d’ici. Les commerces n’utilisent pas l’électricité le jour, il fait sombre. Par contre, si la façade est vitrée et large, on y voit assez clair. Nous entrons dans une pharmacie et comparons les produits. Plusieurs sont américains ou canadiens, nous y trouvons des couches Huggies, des produits Johnson & Johnson, des produits Colgate etc….
Par la suite, nous visitons une épicerie. Le constat : ils sont plus écologiques à ce niveau que le Québec. Les contenants sont plus en forme de sachet pour les céréales, les produits ménagers savon à lavage etc. Plusieurs aliments devraient être au frigidaire et sont "tablette" même les œufs. Le coût de certains aliments est exorbitant: les produits laitiers, les viandes. Le pain est vendu sous différentes formes mais le pain tranché est rare et dispendieux. Nous prenons tout notre temps pour graver ces données dans notre mémoire. Nous achetons même du Kraft dinner. Je crois que c’est la meilleure recette de Louise.
Wow pour souper des pâtes!!!! Soirée tranquille.
Dimanche,
Vers 11hres, Angela vient nous chercher pour aller à la fierra: un mélange de marché aux puces entre St-Eustache et Lachute. Beaucoup de vêtements américains mais aussi péruviens. J'ai acheté un poncho, une veste, des gants, deux nappes, une flûte, du coca en feuilles et des boucles d'oreilles, le tout pour 179,50 soles soit environ 74$. Ce fut une super journée, nous y retournerons dimanche prochain. Il a fait beau jusqu’à 15hre, puis c’est la pluie comme à tous les jours. Nous avons mangé dans un petit resto avec Angela. J’ai mangé des tomates, des avocats et de la laitue. Un super repas sans patate, ni riz, ni poulet. Ce fut une super journée

Le vendredi 20 février

Expérience assez inoubliable
Mercredi, on nous dit que nous allons au défilé. Jeudi, nous n’y allons plus. En arrivant aujourd’hui à l’orphelinat, nous y allons. On nous donne un costume, chemise blanche pour moi et verte pour Danielle, une grosse jupe noire en grosse laine assez lourde et nous sommes prêtes. Trop simple ! De 10h30 à midi, on attend. On pense partir, on se rassoit, ON DOIT PATIENTER! La Germaine en moi trouve que c’est long avant de partir. Bon! nous voilà prêts pour le départ. Nous pensions que nous défilerions dans les rue avoisinantes de l’orphelinat. Mais non! On va au centre ville. 3 adultes , 5 enfants de l’orphelinat et nous, les 6 coopérants embarquons dans la camionnette. Je me place en avant dans la caisse de la camionnette et je dis des "Hola" à tout le monde. C’est super!
On s’aperçoit en arrivant au centre ville que c’est un gros défilé. On se renseigne et nous apprenons que ce défilé a lieu une fois par an. Des gens sont costumés de différentes façons (voir photos). Nous attendons de 12 à 14h45 pour partir. Les dames de l’orphelinat nous montrent comment danser. On doit se tenir en ligne de 3. Le défilé se met en marche, c’est un peu comme le défilé de la St-Jean. Les enfants de l’orphelinat tienne la bannière qui identifie l’orphelinat Aldea El Rosario. Au début, c’est super. Nous devons être les seuls "blancos" de tout le défilé soit près de 1000 personnes. La coutume veut que lorsque nous passons, on nous asperge d’eau et de farine. Les gars sont la coqueluche du défilé. Alors, tout le monde veut nous asperger d’eau. Il y a des gens partout, sur le trottoir, sur les toits et dans les fenêtres. Ils nous lancent de la poudre, de l’ eau avec de grosses chaudières. Au début, c’est correct mais …plus le temps passe, plus nous recevons un peu n’importe quoi, je me fais même beurrer le visage avec du cirage à chaussure.
À notre retour à la casa de Gladys on prend une bonne douche chaude. Malgré elle, Danielle se fait laver la tête par Gladys.
Nos souliers sont complètement imbibés d’eau. Lorsque le monsieur vient nous rapporter notre lavage il prend nos chaussures pour les faire sécher.
Après une journée comme aujourd’hui, nous nous couchons tôt.