lundi 2 mars 2009

Le jeudi 26 février

Le jeudi 26 février 2009

De petits ennuis de santé nous agacent : l’intestin manifeste. L’eau, n’étant pas potable, il faut toujours s’assurer de la faire bouillir suffisamment avant de la consommer ou d’utiliser notre filtre à eau en ajoutant des produits contre les bactéries et les virus. Par contre, nous devons nous fier à notre hôte, elle contrôle
grandement sa cuisine. Malgré un congé accordé pour la confection d’un souper, elle tourne autour. Elle réagit à l’ébullition prolongée d’ un contenant d’eau pour la préparation d’un …Kraft Diner. À cette réalité s’ajoute un doute : le lavage des fruits remis pour les collations. Je comprends bien, alors, les turbulences du système digestif. Rien qui nous empêche de travailler, jusqu’ici; on plie en deux, une bonne respiration et le tout passe. Bien sûr, nous prenons nos probiotiques deux fois par jour, probablement un atout dans les circonstances.
Avant d’aller au travail, nous rencontrons Cécilia (coordonnatrice du programme) et Clara afin de planifier la dernière partie de ce voyage. Nous nous rendons au centre de Huancayo, à l’agence de voyage. Après quelques discussions, une entente est conclue :le 11 mars, nous retournerons à Lima puis, par avion, on se rendra à Cuzco, l’ancienne capitale de l’empire inca.
Le travail va bon train. La première couche de peinture des murs du local est terminée. Les couleurs sont belles : crème et "sunset".Tous les volontaires collaborent à notre réalisation : pinceaux, rouleaux s’activent. Il faut d’ailleurs mentionner qu’ici, une "pan" pour rouler la peinture, cela n’existe pas. Plutôt compliqué d’appliquer adéquatement la peinture sur le rouleau puis sur le mur. Par chance que nous avions prévu des contenants pour la préparation du plâtre, ils serviront. Ouf! Ce n’est pas facile d’éviter les coulisses mais …cela sera beaucoup mieux qu’avant.
Pour ma part, je suis affectée à la préparation du plâtre. Il me semble que cela fait plusieurs jours que "he mesclar" je mélange. L’extérieur du bâtiment n’étant pas réparé partout, il ne faut pas s’arrêter. J’arrive à tous les soirs avec une couche blanche qui ressort de la peau et au pourtour des ongles malgré les nombreux lavages de mains. Cet après-midi, Marcello ne collabore aucunement ayant une coupure d’exacto à la main faite en avant-midi. Par contre, il exige " mas rapido". Je termine le travail sans empreinte digital au majeur droit. La peau s’est volatilisée. Elle sera à jamais gravée sur les murs de ce bâtiment au Pérou. Cela me fait déjà moins mal!
Lors de nos échanges avec Maria, elle mentionne qu’elle enseigne aussi. Elle part en montagnes certains matins, recrute les enfants sur le chemin , d’autres doivent marcher plus de 3 heures pour se rendre à l’école. Il y a des classes sans pupitre, d’autres sans tableau et très peu de matériel scolaire. Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école malgré que ce soit obligatoire jusqu’ à 13 ans. Elle se rend aussi en prison car certaines mères détenues sont accompagnées de leurs enfants.
Nous sommes invitées chez les autres coopérants pour le souper. Au menu : pizza de toutes sortes et naturellement "pisco sour". Un des jeunes de l’orphelinat est avec nous, Miguel qui vient d’avoir 18 ans. Il est à l’orphelinat depuis plus de 13 ans. Il nous mentionne qu’il peut y rester encore 1 ou 2 ans. Il ne sort pratiquement jamais à part aller à l’école, sa vie se limite à l’orphelinat. Pas simple de quitter cet endroit après tant de temps.
La conversion, en anglais, est très animée. Nous parlons entre autres de la séparation du Québec avec Ryan qui vient d’Edmonton. Qui aurait pensé qu’un jour moi, Louise, je discuterai de ce sujet en anglais!!!
La soirée se termine vers 22h00 Car Miguel doit entrer, nous partons avec lui.
Danielle et Louise

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