Le lundi 23 février,
Finies les vacances! Avant de se rendre à l’orphelinat, petit arrêt au café Internet. Il faut bien demeurer en contact avec nos amis(es) québécois(es). Ensuite, nous prenons le bus. Il doit bien y en avoir un à toutes les minutes et un taxi au 30 secondes.
À notre arrivée, les gars jouent avec les enfants. Clara vient nous rejoindre et toutes les 3, on se met à l’œuvre. Danielle prépare le plâtre pour Clara, Marcello et moi. Il faut dire qu’ici, le plâtre se retrouve surtout sous forme de poudre donc, il faut le préparer: un peu d’eau, de la poudre à dose très précise. Donc, Go! Danielle Go! Trois à fournir! Marcello travaille à l’intérieur à bloquer les ouvertures du haut des murs. Clara et moi plâtrons à l’extérieur. Les murs intérieurs et extérieurs n’ont jamais été peinturés.
Les autres coopérants terminent leur journée de travail vers 11 hres 30 car ils vont à l’université en après-midi pour aider les étudiants qui ont de la difficulté en anglais. La pluie débute «a la tarde» soit vers 14 heures et elle tombe comme des clous. Au Québec, il semble que ce soit la neige qui tombe. Bel équilibre, n’est-ce pas? Même si nous voulons poursuivre les travaux à l’extérieur, nous ne pouvons plus.
Le directeur de l’orphelinat présente une soumission pour la réparation des machines nécessaires à la préparation du pain. Ce travail est accompli par les plus vieux afin de les outiller et les rendre autonomes en vue d’un départ en société dès la majorité (18 ans). La vente de ces petits pains se fait surtout vers les montagnes derrière Huancayo. Certaines mères qui habitent l’orphelinat partent tôt le matin pour les vendre . Le profit que cela rapporte, permettent de payer les frais du déjeuner pour tout l’établissement. Alors, Danielle juge que cette réparation est importante et accepte d’en couvrir les frais avec l’argent amassé lors de la collecte de fonds auprès des amis(es) et de sa famille. La direction est très enthousiasme.
Au retour du travail, une petite crise d’ennui me surveille. Malgré les contacts fréquents par courriel avec plusieurs du Québec, la présence chaleureuse des êtres aimés nous manque. Mais , au moins, nous n’avons plus froid comme au début. Les achats effectués dimanche (veste en laine d’Alpaga) nous garde plus au chaud lorsque le soleil se cache et que la nuit approche.
Louise et Danielle
MARDI, LE 24 FÉVRIER 2009
Premier matin qu’on se lève à la flotte. Bien oui, il pleut encore. Contrairement à ce que nous vivions comme température depuis le début, la pluie a duré toute la nuit et se poursuit. Beau temps, mauvais temps, le travail doit avancer.
La direction nous offre depuis jeudi dernier le dîner. Carmen, la cuisinière qui rit tout le temps, manifeste une grande curiosité pour notre langue. Elle nous prépare de succulents repas. Bien oui il y a du riz, des patates mais aussi des légumes et du bon poulet. Comme les jeunes à l’orphelinat cultivent de grands champs, l’accès à des légumes est plus facile.
Au dîner, Maria ( la directrice), Victor (son mari et le directeur-adjoint) ainsi que leur fils aîné nous accompagne. Auparavant, nous avons pu leur montrer le site de l’école Hébert et par le truchement de l Internet, notre milieu de vie québécois.
Cela a suscité beaucoup d’échanges pendant cette période de dîner, plus particulièrement, le niveau économique du Pérou en comparaison avec celui du Québec.
J’ai surtout retenu qu’ici, au Pérou, le salaire minimum se situe à 25 soles par journée de travail de 15 heures environ. La directrice nous dévoile son salaire brut de 900 soles par mois. Elle demeure en permanence sur les lieux donc, du 24 heures sur 24, depuis plus d’un an. Plusieurs informations manquent encore au tableau afin de mieux comprendre la misère et la pauvreté du pays. Nous imaginons aussi les coûts de l’électricité et autres frais d’hébergement élevés. À suivre.
Au retour de cette bonne journée de labeur (plâtre et sablage encore), la pluie est toujours présente. Quelques éclaircis ont illuminé temporairement la journée. Nous désirons communiquer avec nos «gangs» du Québec. Le café Internet est fermé. Nous patientons encore et encore. Rien. Une dame âgée s’en vient sous la pluie battante. C’est une vraie péruvienne, de descendance indienne. Elle est si courbée, sa canne la soutient. Cette canne est en bois mais rien au bout ne l’empêche de glisser, nous entendons les «toc-toc-toc» à chaque fois qu’elle frappe le trottoir.. Cette dame semble tellement fragile que je m’adresse à elle et offre mon aide. Elle veut traverser la route. Nous vous avons déjà parlé de la circulation, elle est en danger. Nous la prenons sous les bras et arrêtons le trafic pour l’aider. Elle s’adresse à nous, probablement en quéchoua, un dialecte que l’on retrouve ici. Faute de la comprendre, je demande à des piétons ce que la dame nous dit. Une première personne ne veut pratiquement pas porter attention, banalise et continue sa route sans porter attention. Je questionne une autre dame. Celle-ci écoute et cette fois, nous, nous ne la comprenons pas. Par contre, notre péruvienne tient dans sa main libre un montant d’argent qui couvre environ le coût d’un trajet en autobus et semble acquiescer lorsque nous lui demandons si c’est ce qu’elle veut. Nous arrêtons un autobus et l’aidons à monter. La marche est tellement haute pour elle, nous devons la pousser afin de l’introduire à l’intérieur. Un passager semble tellement content de notre geste qu’il nous crie des « Gracias, gracias» avec un grand sourire. Comme l’expression le dit : «notre journée est faite». Quel plaisir intérieur!
Et ce soir, tout le monde est accouru à mon cri d’ennui. Je me couche fatiguée mais heureuse.
Danielle
MERCREDI, LE 25 FÉVRIER 2009
Ça y est! La pluie a cessé. Up! En bas du lit, le travail n’est pas fini.
Après un bon déjeuner, Louise et moi regardons les objets apportés du Québec et à remettre à nos jeunes orphelins. La semaine dernière, nous avions remis à la direction les brosses à dents ainsi que tous les tubes de dentifrice amassés. Nous ne pouvions s’immiscer dans le quotidien et examiner les brosses que les enfants possédaient. La maîtrise de la langue devient dans ces moments un atout…que nous ne possédons pas.
Dans tout le matériel emporté, nous choisissons les crayons, papier, collants, peinture aux doigts afin de planifier les activités artistiques à venir avec ces nouveaux amis. Un grand sac est rempli et apporté à l’orphelinat. Unr gracieusete de La Caisse Populaire Desjardins et des amis de Danielle.
À notre arrivée, nous nous présentons, comme à tous les jours, au secrétariat afin de placer nos vêtements, nos caméras, nos effets personnels en sécurité. Nous demandons Maria (la directrice). Elle est absente. Nous expliquons à Carmen le but de notre demande. La responsable de la bibliothèque (que nous avions déjà rencontré), Gladys vient à la rescousse et entreprend, croyez-le ou non, le décompte du sac. Le calcul se fait dans les moindres détails : combien de crayons de bois en couleurs, combien de crayons crayola de cire, combien …. et combien de collants. Vous avez bien lu : combien de collants et non de feuilles de collants. Nous sommes estomaquées. Nous lui disons que tout cela est pour les enfants, que nous ne rapportons rien après les activités, rien à faire, le décompte sera complet. Nous apprenons plus tard que tout ce qui est donné à l’orphelinat doit être inscrit et enregistré : demande gouvernementale. Ceci fait parti des différences entre un pays pauvre et un pays plus riche.
jeudi 26 février 2009
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3 commentaires:
Bonjour à vous deux!
Vos récits sont tellement touchants, enrichissants et instructifs... Que dire des photos!!!
Nous avons fait la conversion du Sole Péruvien en Dollar Canadien pour avoir une idée de ce que représente les salaires dont vous avez fait mention... 342.24$/mois - 9.51$/jour de 15 heures. Cela semble très peu pour tout le travail qui doit être accompli. Comment est-ce que le coût de la vie la-bas se situe par rapport au salaire gagné?
Merci et à bientôt,
Cédric, Jérémie & Natacha xx
Bonjour Danielle! Wow, je viens de faire la découverte de votre blogue, c'est vraiment génial! Je serai maintenant une habituée:)Profitez pleinement des journées qu'il vous restent là-bas. J'attends de vos nouvelles.
Je t'embrasse!
Maude
bonjour jai po grand chose a dire .......mes bonne samaine!!
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